Migration Baleines à Bosse - Focus Moorea


La migration des baleines à bosse

Route, distance & durée

Les baleines à bosse effectuent des migrations spectaculaires pouvant atteindre une distance totale annuelle parcourue de 10 000 à 25 000km.
Elles migrent chaque année de manière bi-annuelle comme suit :
  • De leur zone d’alimentation (situées en zones froides & glaciales plutôt proches des pôles, riches en Krill et en bancs de petits poissons (harengs, capelans, lançons etc.) où elles passent l’été. (+-4 mois suplace) 
  • Aux zones de reproduction et de mise bas (zone tropicales et sub-tropicales) où elles passent l’hiver (+-4 mois surplace).
Elles mettent environ 2 mois pour parcourir les 10 000km entre ces 2 zones, à l’aller comme au retour. Leur vitesse est estimée entre 5 à 20 km/h et elles parcourent entre 75 à 200 km/jour. 

Source : https://habiter-la-reunion.re/wp-content/uploads/2014/08/carte-migrations-baleines.jpg

Notez que lorsque les baleines sont hors de leur zone de nourrissage, soit pendant la majeure partie de leur migration et une fois dans les eaux chaudes, elles sont ajeun. Et ce jeûn peut donc atteindre jusqu’à 8 mois !!. Les femelles peuvent d’ailleurs avoir perdu jusqu’à 50% de leur poids total au retour d’une migration.

Pourquoi choisir les eaux tropicales pour la reproduction ou mise bas ?
Les migrations sont souvent motivées par le besoin de trouver des aires d’alimentation très productives. Migrer peut aussi faire partie d’une stratégie de reproduction. C’est sans doute ce qui incite les baleines à bosse à se regrouper en hiver dans les eaux des Caraïbes ou de l'Océan indien par exemple. Ces rassemblements pourraient faciliter les rencontres entre les mâles et les femelles. Certaines espèces migreraient aussi pour protéger leur petit de la prédation par les épaulards (orques), plus présents dans les hautes latitudes que dans les eaux chaudes. Voici les hypothèses avancées.

Rencontrer les baleines à bosse en Polynésie 
Généralement présentes en Polynésie dès la fin du mois de mai, les baleines remontent progressivement des Australes jusqu’aux Marquises, de fin juin à fin novembre, voire début décembre. La Polynésie est en effet un espace migratoire où elles viennent mettre bas, allaiter leurs baleineaux, mais aussi se reproduire et se reposer. Pendant cette période, les cétacés occupent de préférence les zones protégées des prédateurs du baleineau, tels que les requins ou les orques. Ainsi, les observations de mégaptères sont régulières près du récif-barrière, dans les baies abritées et parfois à l’intérieur du lagon. Les déranger alors met en danger la prolifération de l’espèce. C'est pourquoi "l’observation dans l’eau et sur l’eau doit se faire avec le plus grand respect des animaux." 


Le saviez-vous ?
En observant la carte, vous pouvez constater que les baleines de l’hémisphère nord migrent de la région du pôles nord vers l’équateur mais sans le franchir. Et que celle de l’hémisphère sud migrent de la région du pole sud vers l’équateur mais sans jamais le franchir non plus.
Ainsi, les baleines vivant dans l’hémisphère nord et celles vivant dans l’hémisphère sud ne se rencontrent à priori jamais.
Cependant, certains chants de baleines de l’hémisphère nord peuvent  aussi être entendus dans l’hémisphère sud..  Comment est-ce possible ? Nul ne sait.. En fait, nous ne savons que trés peu de choses à date au sujet des baleines , tout ou presque reste donc à découvrir. 


Deux dernières découvertes au sujet de leur migration:

  • La migration ne serait pas systématique:
L’étude des sex-ratio entre ces deux types d’habitats a montré que toutes les baleines ne migrent pas : en zone d’alimentation, le sex-ratio est de 0.5 (autant de femelles que de mâles), alors qu’il atteint 0.75 en faveur des mâles dans les zones de reproduction (75 % mâles). Ainsi, il est probable que comme les baleines bleues, les baleines à bosse femelles venant de mettre bas et donc non reproductives une année sur deux, ne migrent pas afin d’éviter la perte énergétique d’une migration.  Source: http://www.conservation-nature.fr/Megaptera_novaeangliae.html
  • Les baleines emprunteraient les mêmes routes migratoires depuis 270 000 ans
Attachés au dos de certaines baleines, les balanes (petits crustacés qui s’accrochent sur le dos, la tête ou la queue des baleines à bosse et baleines grises, et y restent plantés toute leur vie) enregistrent des détails sur les routes empruntées par les cétacés. Elles les conservent également, même après leur fossilisation.
Les balanes sur la tête d'une baleine à bosse
source:https://bio390parasitology.blogspot.com/2012/03/free-ride-under-sea-barnacles-and.html

En étudiant les rapports isotopes d’oxygène dans les coquilles de bernaches, qui changent en fonction de l’état de l’océan, les chercheurs peuvent alors cartographier les chemins empruntés de chaque baleine hôte, des lieux de reproduction du Pacifique sud aux aires de nourrissage plus de l’Alaska et de l’Arctique. En analysant des spécimens fossilisés de balanes, une équipe de l’Université de Californie, à Berkeley, s’est alors aperçue que les baleines à bosse et grises modernes empruntent les mêmes voies migratoires que celles de leurs parents préhistoriques, il y a 270 000 ans.
Fascinant !

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